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Crise économique : la Chine du coté des perdants ?
Publié le 12 october 2008 par Thrasy
On a peu entendu parler de la Chine durant cette semaine où l'économie mondiale a semblé s'écrouler. Et pour cause : peu exposée aux subprimes, bien gérée sur le plan macro-économique et abreuvée
d'investissements étrangers (en hausse de 40% sur un an !), elle semble à l'abri de la crise. Avec ses immenses réserves de capitaux, elle pourrait même détenir une pièce maîtresse pour la
recomposition du système financier et bancaire mondial et son dynamisme semble seul capable de maintenir une croissance mondiale autour de 3% alors que l'Europe et les États-Unis sont à
l'arrêt.
La crise va t'elle consacrer la Chine championne économique mondiale, une place qui semble de toute façon devoir lui revenir un jour ou l'autre ? La situation est moins simple.
A court terme, la Chine subit de plein fouet les conséquences de la chute des bourses. Shanghai a même précédée ses consoeurs : après un an de baisse continue, la valeur du Shanghai Composit a été divisé par 3, ruinant par milliers les petit épargnant.
A l'extérieur, les investissements chinois se sont montrés fort peu judicieux. Ainsi sur les 1200 milliards de dollars que la réserve chinoise a investi aux États-Unis, la moitié environ l'ont été dans Freddy Mac et Fanny Mae, les deux refinanceurs qui ont été placés sous tutelle par le gouvernement américain en juillet après avoir perdu presque toute leur valeur.
A long terme, les perspectives ne sont pas nécessairement meilleures. L'économie chinoise a des atouts considérables mais elle est aussi extremement dépendante de la conjoncture mondiale. Près de 70% du PIB chinois est lié aux échanges internationaux, dont une très large partie à l'exportation de biens manufacturés. Or ce modèle économique était remis en question avant même l'apparition de la crise.
La Chine a bâtie sa prospérité sur une compétitivité qui est en train de s'étioler. Les ouvriers chinois aspirent à une élévation de leur niveau de vie, et les autorités ont répondu au cours de l'année passée en augmentant le salaire minimum et en instituant de meilleures conditions de travail. La Chine est ainsi apparu comme un pays en train de devenir trop cher pour la fabrication de produits à faible valeur ajoutée, c'est ce qui explique, par exemple, la délocalisation de la production d'Adidas vers le Viet Nam. Pour y remédier le gouvernement tente de convertir son économie aux hautes technologies, mais ce n'est possible qu'en s'appuyant sur les capitaux et les transferts de technologies étrangers.
Que deviendront les investissements étrangers si la situation économique mondiale s'aggrave ? L'économie chinoise pourrait être frappée à son point le plus faible : elle a cru, elle aussi, que les États-Unis et l'Europe seraient éternellement riches, disposés à investir et à consommer.
Mais les produits chinois ont mauvaise presse et on peut prévoir qu'ils seront les premières victimes si l'aggravtion de la crise entraîne une baisse de la consommation en Europe et aux États-Unis. Certaines régions chinoises sont d'ores-et-déjà durement touchées et la mono-production aggrave la situation : les villes se sont souvent spécialisés dans un produit unique (chargeur, pull-over...) et se retrouvent sinistrées durablement lorsque la demande décroît, avec le risque d'explosion sociale que celà représente...
Car si la Chine pourrait se retrouver parmi les grands perdants d'une aggravation de la situation économique, c'est aussi en raison de son extrème fragilité sur le plan social.
Son économie florissante lui a seule permis de surmonter ses immenses inégalités. Si l'activité des régions industrielles de la côte est se ralentit, celà se traduira immédiatement par le renvoi des travailleurs migrants venus de l'ouest et par une forte dégradation de la situation des campagnes. En dessous de 8% de croissance annuelle, les autorités chinoises affirment craindre des troubles sociaux.
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La crise va t'elle consacrer la Chine championne économique mondiale, une place qui semble de toute façon devoir lui revenir un jour ou l'autre ? La situation est moins simple.
A court terme, la Chine subit de plein fouet les conséquences de la chute des bourses. Shanghai a même précédée ses consoeurs : après un an de baisse continue, la valeur du Shanghai Composit a été divisé par 3, ruinant par milliers les petit épargnant.
A l'extérieur, les investissements chinois se sont montrés fort peu judicieux. Ainsi sur les 1200 milliards de dollars que la réserve chinoise a investi aux États-Unis, la moitié environ l'ont été dans Freddy Mac et Fanny Mae, les deux refinanceurs qui ont été placés sous tutelle par le gouvernement américain en juillet après avoir perdu presque toute leur valeur.
A long terme, les perspectives ne sont pas nécessairement meilleures. L'économie chinoise a des atouts considérables mais elle est aussi extremement dépendante de la conjoncture mondiale. Près de 70% du PIB chinois est lié aux échanges internationaux, dont une très large partie à l'exportation de biens manufacturés. Or ce modèle économique était remis en question avant même l'apparition de la crise.
La Chine a bâtie sa prospérité sur une compétitivité qui est en train de s'étioler. Les ouvriers chinois aspirent à une élévation de leur niveau de vie, et les autorités ont répondu au cours de l'année passée en augmentant le salaire minimum et en instituant de meilleures conditions de travail. La Chine est ainsi apparu comme un pays en train de devenir trop cher pour la fabrication de produits à faible valeur ajoutée, c'est ce qui explique, par exemple, la délocalisation de la production d'Adidas vers le Viet Nam. Pour y remédier le gouvernement tente de convertir son économie aux hautes technologies, mais ce n'est possible qu'en s'appuyant sur les capitaux et les transferts de technologies étrangers.
Que deviendront les investissements étrangers si la situation économique mondiale s'aggrave ? L'économie chinoise pourrait être frappée à son point le plus faible : elle a cru, elle aussi, que les États-Unis et l'Europe seraient éternellement riches, disposés à investir et à consommer.
Mais les produits chinois ont mauvaise presse et on peut prévoir qu'ils seront les premières victimes si l'aggravtion de la crise entraîne une baisse de la consommation en Europe et aux États-Unis. Certaines régions chinoises sont d'ores-et-déjà durement touchées et la mono-production aggrave la situation : les villes se sont souvent spécialisés dans un produit unique (chargeur, pull-over...) et se retrouvent sinistrées durablement lorsque la demande décroît, avec le risque d'explosion sociale que celà représente...
Car si la Chine pourrait se retrouver parmi les grands perdants d'une aggravation de la situation économique, c'est aussi en raison de son extrème fragilité sur le plan social.
Son économie florissante lui a seule permis de surmonter ses immenses inégalités. Si l'activité des régions industrielles de la côte est se ralentit, celà se traduira immédiatement par le renvoi des travailleurs migrants venus de l'ouest et par une forte dégradation de la situation des campagnes. En dessous de 8% de croissance annuelle, les autorités chinoises affirment craindre des troubles sociaux.
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